Publié le 27 août 2026
Le choix du mode de communication de l'enfant pendant sa scolarité dépend de lui et de sa famille. Ils ne le font pas seuls : la maison départementale des personnes handicapées les informe, au besoin avec des associations de familles et de personnes sourdes. Ce choix est une liberté de droit, et le mode retenu s'impose ensuite à la commission qui prononce l'orientation. Les établissements qui déclarent un pôle, ou la langue des signes comme langue première, sont listés sur la page dédiée.
Le choix porte sur deux modes de communication, et deux seulement. Le premier est bilingue : l'enfant apprend en langue des signes française (LSF) et vise la maîtrise du français écrit. Le second se fait en langue française, à l'oral et à l'écrit. Un décret fixe les conditions d'exercice de ce choix, et les dispositions que les établissements doivent prendre pour le garantir. 1
La loi reconnaît la langue des signes française comme une langue à part entière, au même titre que le français : elle a son lexique, sa grammaire et sa syntaxe, et elle s'enseigne comme telle. Tout élève dont la famille a retenu le mode bilingue doit pouvoir en recevoir un enseignement. Elle peut aussi être choisie comme épreuve optionnelle aux examens et aux concours. 2
Le choix se fait après un diagnostic qui constate la surdité de l'enfant. Pour l'éclairer, la maison départementale des personnes handicapées du département de résidence assure une information à la famille, au besoin avec les associations de familles et de personnes sourdes. La circulaire juge essentiel que les familles soient pleinement éclairées sur trois points. 3
Le projet de vie de l'enfant porte le mode de communication retenu, comme son projet personnalisé de scolarisation. L'équipe pluridisciplinaire élabore ce projet en le respectant, et ce mode s'impose à la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées quand elle se prononce. Le choix reste révisable : l'équipe de suivi de la scolarisation se réunit tous les ans, et cette rencontre peut être l'occasion pour la famille de revenir sur son choix ou d'en changer. 3
Les deux modes de communication ne mobilisent pas les mêmes langues, mais ils en partagent une : le français écrit, dont la maîtrise reste l'objectif de tous. Le tableau ci-dessous dit à quel mode chacune se rattache. 3
| Langue ou code | Ce qu'il recouvre | Dans quel mode |
|---|---|---|
| Langue des signes française (LSF) | Une langue visuo-gestuelle, avec un lexique signé, des règles de grammaire et une syntaxe qui lui sont propres | Mode bilingue |
| Langue française orale | Une communication sonore, comprise par le canal auditif et exprimée par la parole, avec l'appui des aides auditives et de la lecture labiale | Mode en langue française |
| Langue française parlée complétée (LPC) | Des gestes de la main près du visage qui accompagnent la parole et lèvent les ambiguïtés de la lecture labiale. On appelle codage ce geste, et codeur la personne qui l'assure en classe | Mode en langue française, en appui |
| Langue française écrite | Sa maîtrise repose sur la vue, la connaissance du code écrit et la maîtrise du français | Les deux modes |
La circulaire décrit quatre modalités de scolarisation. 3
L'orientation vers une ULIS, une unité d'enseignement ou un PEJS relève de la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées. 3
Un élève sourd peut être scolarisé en classe ordinaire, dans son école de référence, quel que soit le mode de communication choisi. Selon les situations, cette scolarisation se déroule avec ou sans accompagnement spécifique. Quand les besoins de l'élève l'exigent, son projet personnalisé de scolarisation peut notifier l'appui d'un service médico-social, une aide humaine ou des matériels pédagogiques adaptés. La circulaire sépare les rôles : la personne chargée de l'aide humaine, souvent un accompagnant d'élèves en situation de handicap, n'assure ni l'interprétariat, ni l'enseignement, ni le codage. Ces trois métiers relèvent de professionnels distincts. 3
Elle signale aussi une limite de cette scolarité individuelle : pour un élève signant, l'absence de pair avec qui échanger en langue des signes peut devenir un facteur d'isolement et d'appauvrissement de la langue. 3
Les élèves en situation de handicap auditif avec troubles associés, dont la difficulté d'accès aux apprentissages ne porte pas seulement sur la langue française, peuvent être orientés par la commission vers une unité localisée pour l'inclusion scolaire. Une scolarisation en unité d'enseignement d'un établissement médico-social reste possible quand la situation de l'enfant le nécessite, à temps complet ou partagé. 3
Le pôle regroupe, dans un secteur géographique donné, les ressources nécessaires à l'accompagnement des élèves. Il réunit des établissements scolaires des premier et second degrés, dont nécessairement un lycée d'enseignement général et un lycée professionnel, pour que l'enfant puisse poursuivre jusqu'au lycée dans la langue retenue, sans avoir à en changer faute d'établissement. La circulaire demande à chaque académie d'en proposer un, de la maternelle au lycée, avec les deux parcours. 3
Le pôle regroupe les élèves pour que l'enfant sourd ne se sente pas isolé. Le pôle s'adresse exclusivement aux jeunes sourds dont la famille a fait un choix de mode de communication, bilingue ou en langue française. La commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées les y oriente par une notification. 3
L'école primaire doit permettre aux élèves signants d'atteindre un niveau de maîtrise suffisant de la langue des signes et du français écrit à la fin du CM2 pour poursuivre au collège puis au lycée dans le parcours choisi. Au collège, quand leur niveau en langue des signes le nécessite, ils doivent pouvoir bénéficier d'un interprète professionnel. Celui-ci travaille avec l'enseignant sans assurer de tâche d'enseignement. 3
Le parcours bilingue place les élèves en milieu ordinaire tout en leur proposant un enseignement en langue des signes. Ils suivent dans des classes dites bilingues un enseignement dispensé en langue des signes, et l'enseignement de la langue des signes elle-même. Des enseignants formés à la langue des signes ou des enseignants sourds l'assurent. L'institution vise ensuite un accès graduel au français, en s'appuyant d'abord sur l'écrit. 3
Deux organisations existent. Une classe d'élèves sourds reçoit tous les enseignements en langue des signes. Elle reste intégrée à son école, avec des temps de travail en commun avec les autres classes. Une classe mixte mêle élèves sourds et entendants, avec un enseignant entendant et un co-enseignant chargé de la langue des signes. 3
Le parcours en langue française se décline avec ou sans la langue française parlée complétée, et avec ou sans complément en langue des signes. Avec la langue française parlée complétée, la scolarisation peut se dérouler en classe ordinaire, à tout niveau d'enseignement et sans dispositif collectif : un codeur assure alors l'accompagnement en classe, selon ce que le projet personnalisé de scolarisation a notifié. Une famille qui a choisi la langue française et souhaite un complément en langue des signes peut l'obtenir, selon ses demandes et les ressources du pôle. 3
Les élèves proches d'un jeune sourd, sa fratrie ou ses camarades de classe, peuvent eux aussi accéder dans la limite du possible à l'enseignement de la langue des signes. L'établissement peut proposer un atelier de communication aux élèves entendants intéressés. 3