Publié le 15 août 2026
Le taux de réussite ou la note moyenne au brevet d'un collège dépendent en partie de la composition sociale et scolaire de l'ensemble des élèves qu'il accueille, indépendamment de l'action de l'établissement lui-même. Depuis la session 2022 du diplôme national du brevet (DNB), le ministère de l'Éducation nationale publie un indicateur qui tient compte de cet effet : la valeur ajoutée, dans le cadre des indicateurs de valeur ajoutée des collèges (IVAC). Elle compare le résultat obtenu à celui qui était statistiquement attendu, et elle n'accompagne que deux des quatre indicateurs publiés. La répartition ci-dessous illustre, pour la session 2025, la part des collèges dont le résultat se situe en dessous, conforme, ou au-dessus de ce qui était attendu.
La valeur ajoutée d'un collège désigne l'écart entre les résultats réellement obtenus par ses élèves au DNB et les résultats qu'un modèle statistique jugeait attendus, compte tenu du profil scolaire et social des élèves accueillis. Dans la description officielle du ministère de l'Éducation nationale, cet indicateur vise à évaluer l'action propre de chaque collège pour faire réussir ses élèves, au-delà de ce que montrent les taux de réussite bruts à l'examen. 1
Une valeur ajoutée positive suggère que l'établissement a mieux fait réussir ses élèves que ce que leur profil social et scolaire laissait attendre. Une valeur ajoutée négative signifie l'inverse : les résultats obtenus sont inférieurs à ceux des collèges qui accueillent des élèves comparables. Le ministère qualifie cette valeur ajoutée d'approche relative, qui situe chaque collège par rapport à des établissements similaires. 1
Répartition calculée par info-scolarite.fr à partir des données brutes de la DEPP (ministère de l'Éducation nationale), session 2025 du brevet : ce n'est pas un chiffre publié tel quel par le ministère. Les deux tranches extrêmes regroupent une traîne plus large que les autres (jusqu'à -34 et +41 points dans les données réelles) pour rester lisibles. Elle porte sur les 6203 collèges de France pour lesquels une valeur ajoutée est calculée cette session, elle ne permet pas de situer un établissement précis. Les valeurs individuelles varient d'une session à l'autre, en particulier pour les petits collèges : cette répartition évoluera aux prochaines sessions.
Une seconde valeur ajoutée existe, calculée sur la note moyenne aux épreuves écrites plutôt que sur le taux de réussite. Sa répartition nationale est presque identique à celle du taux de réussite, selon un calcul d'info-scolarite.fr à partir des données de la DEPP. Pour un collège donné, en revanche, les deux valeurs ajoutées ne sont pas toujours du même signe. 2
Le calcul du résultat attendu s'appuie sur un modèle statistique mis au point par la direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP), le service statistique du ministère de l'Éducation nationale. Ce modèle simule, pour chaque élève, sa probabilité d'obtenir le brevet et la note qu'il devrait obtenir aux épreuves écrites, à partir de son âge, de son niveau scolaire à l'entrée en sixième, de son origine sociale et de son sexe, ainsi que des caractéristiques du collège qu'il fréquente. Le résultat attendu d'un établissement correspond à la moyenne de ces probabilités individuelles pour les élèves de la série générale. La DEPP indique elle-même que ce calcul, fondé sur des procédures statistiques complexes, ne peut pas être reproduit à la main. 2
Pour chacun des deux indicateurs concernés, le ministère soustrait le résultat attendu du résultat constaté pour obtenir la valeur ajoutée. Il ne calcule aucune valeur ajoutée pour la série professionnelle du brevet. 2
Depuis la session 2022 du DNB, le ministère publie quatre indicateurs de résultats pour tous les collèges publics et privés sous contrat, regroupés sous le nom d'indicateurs de valeur ajoutée des collèges (IVAC). Il associe une valeur ajoutée à deux d'entre eux : la note moyenne aux épreuves écrites du DNB et le taux de réussite au DNB. Pour les deux autres, le taux d'accès de la sixième à la troisième et la part d'élèves présents à l'examen, il publie uniquement une valeur brute, sans valeur ajoutée associée. 2
| Indicateur | Valeur ajoutée calculée |
|---|---|
| Note moyenne aux épreuves écrites du DNB | Oui |
| Taux de réussite au DNB | Oui |
| Taux d'accès de la 6e à la 3e | Non, valeur brute uniquement |
| Part d'élèves présents au DNB | Non, valeur brute uniquement |
La publication d'une valeur ajoutée obéit à des seuils minimaux. Le ministère publie les résultats bruts d'un collège dès que vingt élèves au moins se sont présentés à la série générale du brevet. Il ne calcule la valeur ajoutée qu'à partir de quarante élèves présents en série générale, et seulement s'il retrouve les scores obtenus aux évaluations d'entrée en sixième pour au moins 75 % d'entre eux. Un petit collège peut ainsi voir publiés ses taux bruts sans disposer d'une valeur ajoutée. Le ministère fixe ces seuils et peut les faire évoluer d'une session à l'autre. 1
Les IVAC ne constituent pas un classement officiel des collèges. Le ministère les présente comme des outils de pilotage pédagogique et de transparence, pas comme une base pour établir un palmarès entre établissements. Une valeur ajoutée négative ne signifie pas que les élèves d'un collège régressent : elle signifie que ses résultats sont inférieurs à ceux attendus compte tenu du profil des élèves qu'il accueille. Il recommande de lire chaque indicateur en combinaison avec les autres plutôt qu'isolément. 1
Cette correction par le profil des élèves s'applique en particulier à la comparaison entre un collège privé sous contrat et un collège public. Selon la Cour des comptes, les résultats scolaires bruts du secteur privé sous contrat sont globalement meilleurs que ceux du secteur public. Cette performance reste difficile à mesurer, car elle est fortement influencée par les populations accueillies : en 2021, 55,5 % des élèves du privé sous contrat étaient issus de familles favorisées ou très favorisées, contre 32,3 % dans le public. La Cour identifie notamment les politiques de sélection des élèves pratiquées par certains établissements privés parmi les explications de ce déséquilibre. Comparer des taux de réussite bruts sans tenir compte de ce déséquilibre ne permet donc pas d'évaluer l'efficacité pédagogique réelle des deux secteurs. 3